Les termes sociaux

Sur cette dernière page, je vais vous présenter tous les termes importants que je n’ai pas encore définis. Ce sont pour la totalité des termes sociaux.

Militantisme : Le militantisme est un engagement actif d’ordre politique, associatif ou syndical, dans le but de faire valoir à grande échelle une idéologie. Le militantisme est généralement populaire, dans le sens où la forme actuellement en plein essor — le militantisme moral — est une forme militante en dehors des instances politiques.

Le militantisme est souvent vu par les non-militants comme une façon détournés d’assurer une souveraineté des idées. Cependant le militantisme c’est aussi ce que je fais ici : expliquer. Beaucoup d’actions militantes sont de cet ordre : expliquer, donner un avis, des témoignages. Bien sûr, il existe des branches militantes extrêmes, allant jusqu’à des casses et autres actions violentes. Sachez juste que ce n’est pas parce que les plus visibles sont les extrêmes que c’est la moyenne.

Du fait de son caractère populaire, le militantisme est rarement uni. Il n’est pas rare de trouver des groupes militants pour des idées contraires. C’est ce qui en fait une véritable expression de l’avis populaire. On pourrait parler de l’intérêt du militantisme, de son importance, des idéaux politiques sous-jacents, mais ça ferait trop pour cette page. Retenez juste que généralement, le militantisme est une façon de faire valoir son point de vue et de tenter de le démocratiser.

Alliés : Ce que l’on appelle un.e allié.e est une personne ne faisant pas partie stricto sensu du la communauté LGBT, mais en partageant les avis militants. Je veux dire par là, une personne cisgenre hétérosexuelle défendant l’égalité de droits à toute personne, quelle que soit son orientation sexuelle, romantique, relationnelle ou son identité de genre. On parle aussi d’alliés dans le cadre du féminisme pour représenter les hommes partageant les avis féministes.

Le terme allié, tout comme le concept derrière, pose beaucoup de débats dans le milieu militant. En effet, pour beaucoup de ceux qui luttent pour une oppression, être rejoints par des personnes de la même catégorie socioculturelle que les oppresseurs peut faire naitre des rancœurs. De plus, pour d’autres, la notion d’alliés est étrange. Dans le cadre LGBT, une personne alliée pourra être vue comme une personne reliée au mouvement, mais ne l’ayant pas encore découvert. Pour d’autres, bien entendu, les alliés sont ce qu’ils affirment être, à savoir des gens partageant les privilèges des oppresseurs, mais désireux d’abolir lesdits privilèges — ce qui laisse sceptique tout.e.s ceux et celles qui pensent que l’égoïsme est part intrinsèque de la nature humaine. D’autant plus que beaucoup se révèlent passifs, on y reviendra.

Ainsi donc, si vous vous définissez comme allié, ne prenez pas mal les remarques négatives quant à ce terme. N’oubliez pas que vous parler de et avec des personnes vivant une oppression, et que vous êtes, même contre votre gré, des vecteurs de cette oppression, même si votre but est de la supprimer. Il s’agit d’une oppression dont vous ne serez probablement jamais victime, et qui peut blesser jusqu’au plus profond de l’âme. Par pitié, soyez indulgents.

Activisme/passivité : L’activisme est une forme de militantisme prônant l’action directe, parfois de façon violente ou en bravant la loi. Au contraire, la passivité est le fait de ne pas prendre part à des actions militantes, bien qu’on en partage les idées. Attention, le terme anglais « activism » est un faux ami qui regroupe le militantisme dans son ensemble.

Comme on peut s’en douter, les deux concepts s’opposent et sont source de nombreux débats, souvent houleux. En effet, certains militants considèrent les activistes comme trop extrêmes, donnant une mauvaise image de la communauté. D’autres pensent que tout le mouvement militant devrait devenir activiste. À l’opposé, d’aucuns pensent les passifs peureux, voire inutiles (pour reprendre leurs propres termes), tandis que certains pensent qu’avoir une branche passive est nécessaire, ne serait-ce que pour l’intégration de membres hésitants au sein de la communauté.

SJW aka Social Justice Wariors : Le mouvement des SJW est un mouvement militant agissant sur internet. Ce mouvement a pour but de défendre sur internet les causes sociales jugées progressistes. Cependant, ce terme a un sens très péjoratif. En effet, leurs méthodes de surréaction outrée à la moindre occasion ne font pas l’unanimité, très loin de là. La plupart des personnes MOGAI se détachent ouvertement du mouvement SJW et le décrient. Je n’en dirai pas plus.

Marches des fiertés : Une marche des fiertés, aussi appelées Gay Pride, Gay and Lesbian Pride, Pink Pride, LGBT Pride, ou plus simplement une Pride, est une manifestation pacifique du mouvement LGBT. En 1969, pour commémorer le mois anniversaire des émeutes de Stonewall, une manifestation est organisée. Puis pour l’anniversaire des un an des manifestations ont lieu simultanément à San Francisco, Los Angeles et New York. Ce sont les premières Pride. Depuis, tous les ans des Marches des fiertés ont lieu partout dans le monde.

Ces évènements ont un rôle multiple :

  • C’est une manifestation de revendication : celle du droit d’exister sans contraintes. Les marches des fiertés ont pour but de donner de la visibilité à la communauté MOGAI, et permettent de rappeler au monde qu’au-delà du carcan social, il existe un monde.
  • C’est une manifestation d’unification : les Prides sont des occasions pour les différents organismes et personnes défendant la communauté MOGAI, ou en faisant partie, de se rencontrer et de marcher ensemble.
  • C’est une manifestation de célébration : les Prides sont aussi de grandes célébrations, ou l’on célèbre les progrès obtenus, et le fait de savoir qu’il existe d’autres personnes qui partagent les mêmes valeurs.

Les marches des fiertés sont des évènements centraux du mouvement LGBT, car ils offrent une visibilité mondiale à ces gens souvent invisibilités et rejetés.

Transphobie/homophobie/hétérophobie/*-phobie : le suffixe — phobie est tiré du grec phobos la crainte, la frayeur. Ce suffixe sert donc à décrire une peur. Cependant, dans les termes dont on parle ici, le sens en a été élargi. En effet, si, à l’origine, le terme homophobie désignait la peur de certains hommes hétérosexuels de passer pour homosexuels, aujourd’hui ces termes représentent la peur, mais aussi la haine, le mépris et le rejet, qui peuvent découler de cette peur, mais pas uniquement.

En particulier :

  • Transphobie désigne la haine des personnes transgenres
  • Homophobie désigne la haine des personnes homosexuelles
  • Hétérophobie désigne la haine des personnes hétérosexuelles
  • et tant d’autres.

Cette dernière peut soulever des questions. En effet, s’il est de notoriété commune que certaines personnes haïssent les communautés oppressées — et parfois même, cette haine est parfaitement acceptée sinon encouragée — il est assez rare de parler de l’effet inverse, pourtant tout à fait naturel. En effet, comment reprocher une personne oppressée de finir par haïr tous les gens qui ne le sont pas ? Donc oui, les haines sont réciproques, mais n’allez pas croire que c’est la raison d’être de militantisme MOGAI, les deux ont juste une cause commune.

Sexisme : le sexisme est une forme de discrimination basée sur le genre (malgré ce que laisse supposer le terme). Le terme a été créé en 1960, lorsqu’on ne faisait pas encore de distinction entre le terme « sexe » et le genre binaire. Bien que ce terme désigne indifféremment les discriminations envers les femmes, les hommes et les autres genres, il est généralement utilisé pour parler de misogynie.

Misogynie/Misandrie : Il s’agit d’un cas particulier de sexisme. La misogynie représente le mépris et la haine des femmes, tandis que la misandrie est la haine et le mépris des hommes.

Patriarcat : Le patriarcat est une organisation de la société et de la justice basées sur la détention de l’autorité par les hommes. Ce n’est pas nécessairement une organisation officialisée. Prenons un exemple dans notre société. Une grande part de la société considère le métier d’entrepreneur, et à fortiori de directeur d’entreprise, comme un métier masculin. Dans ce métier, une femme sera sous-estimée et devra faire ses preuves plus souvent qu’un homme. C’est un exemple de patriarcat. Si vous en voulez plus, observez la société occidentale traditionnelle et ses rôles définis. (Femme de ménage, infirmière, pompier…)

Hétéronormé/cisnormé : Une société hétéronormée est une société conçue de manière à ce que la norme établie soit l’hétérosexualité et l’hétéroromantisme, les autres orientations sexuelles et romantiques étant marginalisées sinon invisibilisées et dénigrées. De la même manière, une société cisnormée est une société conçue de manière à ce que la norme établie soit d’être cisgenre, la transidentité étant marginalisée sinon invisibilisée et dénigrée. Je ne pense pas utile de citer un exemple, si ?

Féminisme : Le féminisme est une forme de militantisme visant l’égalité entre les hommes et les femmes. Plus précisément, la fin d’une domination patriarcale.

Antiféminisme/masculinisme : l’antiféminisme est le mouvement de pensée considérant les thèses féministes, entre autres le fait que la société actuelle soit toujours patriarcale, comme totalement erronées. Le masculinisme quant à lui est le mouvement de pensée considérant que les hommes doivent avoir une supériorité par rapport aux femmes. L’existence du mot masculinisme pose problème, car il donne l’impression que le féminisme prône une domination féminine alors qu’il défend l’égalité.

Objectivation/objectification : L’objectivation (ou objectification) est une technique provoquant la domination consistant à réduire une personne, une partie de son corps ou de ses actions à un état séparé de la personne elle-même — comme un objet. Un exemple simple de la langue courante est de qualifier une personne selon son physique uniquement, voire de ce qu’on l’imagine faire (une personne « bonne à pratiquer une activité sexuelle », généralement raccourcie à « bonne ». Oui, ça vient de là) Même lorsque ce n’est pas l’objectif, ces attitudes provoquent un climat de domination.

Invisibilisation : L’invisibilisation est le fait de ne pas représenter et de ne pas prendre en compte une personne ou une part de la société. Cette attitude donne à la (les) personne(s) concernée(s) l’impression d’être invisible. Tout comme l’objectivation, cela provoque un climat d’oppression.

Tolérance : La tolérance (ici morale) est la vertu consistant à respecter ce que l’on n’accepterait pas spontanément. La tolérance est à la base de l’idéologie LGBT. On pourrait discuter sur des pages entières de tolérance – de nombreux philosophes l’ont fait et seront plus à même que moi d’en parler. Je n’en ferai rien ici.

Coming out/outing : Un coming out est l’action d’accepter/annoncer publiquement une caractéristique personnelle jusque-là secrète, souvent l’orientation sexuelle, romantique, relationnelle ou l’identité de genre. Ce terme est une contraction de l’expression anglaise coming out of the closet (lit. sortir du placard) signifiant rendre publique une réalité tenue secrète. Le coming out est un acte personnel, généralement assez difficile du fait du regard extérieur qui peut aller de l’incompréhension au rejet en passant par l’indifférence.

L’outing — action d’outer — est le fait de révéler publiquement l’orientation sexuelle, romantique, relationnelle ou l’identité de genre d’une personne qui ne souhaite pas voir cette information révélée. Cette action est plus que controversée puisqu’elle plonge la personne ciblée dans une situation instable et provoque souffrances et mal-être. Il est généralement considéré comme inacceptable d’outer quelqu’un.

Plus généralement, il est très fortement déconseillé de demander à quelqu’un son orientation sexuelle, romantique, relationnelle ou son identité de genre si cette personne n’a pas elle-même décidé de diffuser l’information. Si cette personne ne désire pas diffuser l’information, c’est souvent qu’elle est source de malaise et devoir se confronter à cette question peut être douloureux. Pour d’autres, cette question est simplement incertaine, la réponse n’étant pas claire ou pas acceptée par la personne. En effet, pour s’accepter publiquement il faut s’accepter soi-même. En règle générale, il n’y a aucune raison de demander cette information, à moins d’intérêt immédiat — tel que le désir de relation amoureuse. Donc s’il vous plait, ne posez pas cette question. Outre le fait qu’elle mette mal à l’aise votre interlocuteur.trice, elle implique que votre interlocuteur.trice ait en vous une confiance importante.

 

Voilà pour cette dernière partie. Si vous voulez revenir à la page principale, c’est ici.

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Mockie Écrit par :

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