Je parle de règles

Si tu as cliqué sur ce titre d’article parce que ça te débecte un peu les règles, mais que ce soir tu as envie de te faire un petit peu violence, j’aimerais te dédier ce qui suit. Si tu es une personne qui a ses règles (souvent, on dira que tu es une femme, mais pas toujours alors voilà) et que tu cherches encore à savoir pourquoi ça t’arrive, j’ai pas vraiment de réponse mais on va parler de trucs qui cool, viens voir.

Les règles, on leur donne tout plein de noms. On les évite comme on peut dans nos conversations et notre quotidien, mais sans grand succès. Enfin, sauf pour les personnes non concernées, on m’a parlé dernièrement d’un gars qui a appris l’existence des règles à 21 ans parce qu’il s’est retrouvé avec une colocataire – modèle classique avec menstruations et protections périodiques jetables. Sinon, pour tous les autres qui en ont déjà entendu parler, DESO PAS DESO pardon, vous n’échapperez pas aux règles, parce qu’elles sont le quotidien (le mensuel en fait) d’une moitié de l’humanité (en fait moins, mais en gros la moitié de l’humanité y est passée ou va y passer).

Pourtant, on continue de nous vendre des « protections hygiéniques » (apparemment le sang c’est pas hygiénique, c’est sale, berk), en kit avec des publicités qui mettent en scène un léger et élégant liquide bleu, absorbé par ces protections parfumées – les règles ça pue, berk, je t’ai dit que c’était sale ?

Et, faîtes l’expérience en société : « Oh, hier soir j’ai lu un truc passionnant – Ah oui, c’était quoi ? – Un article qui parlait de règles, j’ai appris plein de trucs ». La dernière fois que j’ai eu ce genre d’échange, il s’est soldé d’un « Ah, sympa, mais je préfère pas en entendre parler du coup », rire gêné en option. Généralement, je m’écrasais. Là, je ne veux plus. On entend plein de blagues foireuses sur les femmes qui ont leur règles qui seraient désagréables. On entend aussi plein de blagues de cul dégueu, pas forcément inclusives (disons le comme ça). Mais là, parler d’un phénomène naturel, bof.

Finalement, le résultat qu’on récolte c’est que les règles sont mal connues, et les maladies comme l’endométriose ne sont pas connues, donc pas traitées (c’est juste des femmes sensibles qui se plaignent dès qu’elles ont leur règles et qui en profitent pour louper les cours, non ?).

Donc, aujourd’hui, j’ai mes règles et quand on m’a demandé pourquoi je tenais une bouillotte sur mon bide partout où j’allais, j’ai épargné les « j’ai mes trucs de filles », « les anglais ont débarqué » (même si je la trouve drôle celle là), « ragnagna ». J’ai juste dit que « j’ai mes règles », et pourtant il y a quelques temps j’avais presque honte de dire ce genre de chose. Mais on ne va nulle part si on continue à avoir honte de phénomènes aussi habituels que se brosser les dents, oublier d’acheter des poireaux ou prendre le bus (d’autres trucs qui arrivent au personnes qui ont des règles).

Pour aller plus loin (cet article, c’est un peu un exercice de maths de collège) :

Articles récents

Aftonstjärna Écrit par :

Passionnée de bouffe et de voyage. Adepte de vocabulaire bizarre.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *