Je n’aime pas le chocolat

Je n’aime pas le chocolat, je sais c’est terrible mais je n’ai jamais vraiment aimé ça…


Au moment où j’écris ces mots, il est presque 4h du matin, je suis censé dormir d’autant que j’ai une grosse journée demain, mais je n’en ai étrangement pas l’envie. Je viens de finir de nettoyer ma chambre, ces petits studios que l’on a lorsqu’on est étudiant… Il se trouve que j’aime nettoyer, quand je le fais, ça me stimule, ça me permet de me poser et de réfléchir aux questions qui me tracassent (je suis persuadé que les plus grandes décisions de l’humanité ont été prises sous la douche).

Il se trouve que j’ai récemment eu à expliquer à mon petit frère ce qu’est l’assexualité et que j’ai eu beaucoup de problèmes à le faire. Pas facile, dans un monde où on dit aux gens qu’ils doivent aimer soit les garçons, soit les filles, d’expliquer aux gens que tous les goûts sont dans la nature,  surtout à quelqu’un qui se pose peu souvent ce genre de questions.

J’ai donc passé environ 2 heures à me poser la question, 2 heures à brosser, frotter, balayer, en me demandant comment, dans quelques années, j’allais aborder le sujet avec mon autre frère, 10 ans plus jeune.

Je suis parti de ce que l’on m’a souvent répété : « La sexualité, c’est une histoire de goût ». Mais une histoire de goût, c’est quoi, est ce que aimer les garçons ou les filles, c’est comme aimer les oranges ou pas, ou encore est ce que c’est comme aimer les fruits ou les légumes. Qu’est ce qui fait que notre sexualité est souvent comparée à nos goûts. Ainsi, je me suis demandé ce que c’était, au fond, les goûts, et comment je pouvais expliquer ce qu’étaient les goûts à quelqu’un, afin de lui faire comprendre ces questions autour de la sexualité. Et, étant donné que j’aime bien réfléchir en partant de postulats à la con, j’ai commencé ainsi : « Je n’aime pas le chocolat »

Je n’ai jamais beaucoup aimé le chocolat, on m’a toujours dit que c’était bon pour la santé, que tout le monde aimait le chocolat, que je ne pouvais pas ne pas aimer le chocolat, etc… Rien à faire, je n’aime pas ça. Ils ont pourtant tout essayé, noir, au lait, praliné, fourré, rien n’y fait, je n’aime pas ça.

De même, j’adore le caramel (et le sucre en général), on m’a souvent dit qu’il ne fallait pas en manger trop, que ce n’était pas très bon d’en consommer excessivement, je m’en moquait, le caramel, j’adore ça et c’est tout, ce sont mes goûts et ça ne se discute pas. Et les gens ont fini par le comprendre (la pillule a eu du mal à passer, mais au final, il a suffit d’insistance pour qu’elle passe)

J’ai donc longtemps vécu avec cette étrange dichotomie : « Beaucoup de caramel » et « Jamais de chocolat », ça étonne beaucoup au premier abord, mais les gens finissent par s’y habituer…

Mais, avec l’âge, j’ai pu expérimenter de nouvelles saveurs. J’ai pu goûter à du chocolat caramélisé (au musée du chocolat, à Paris), que j’ai d’ailleurs adoré, et à du caramel chocolaté (en voyage à New York, j’ai constaté que le caramel des sundaes contenait du chocolat), que j’ai immédiatement détesté. Étrange, pour moi qui ai toujours eu des goûts assez déterminés, de me retrouver avec des espèces de zones de recoupements entre le caramel et le chocolat.
C’est plus tard que j’ai pu me rendre compte que ce n’était pas une question d’aimer (ou pas) le chocolat et d’aimer (ou pas) le chocolat en général mais de préférer certains caramels ou certains chocolats à d’autres.

Je ne vous cache pas qu’après avoir eu cette réflexion, je l’ai tout de suite adoré, et pour une raison toute simple : tout comme moi, mon frère aime le caramel, mais pas le chocolat. Il pourra donc facilement comprendre toute cette histoire de goûts, et ensuite comprendre que moi, ce que je préfère maintenant, c’est m’éloigner des sucreries…

Vous vous direz peut-être que cette histoire est perchée… Moi aussi c’est ce que je pense. Mais on m’a souvent dit que la sexualité n’était qu’une histoire de goûts sans jamais m’expliquer ce qu’étaient les goûts, sans jamais m’expliquer qu’il y avait quelque chose de différent de « j’aime » et « je n’aime pas ».

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Spiddy Écrit par :

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