IN&acT a testé pour vous le kit d’urgence contre le VIH

En ce mois de la prévention, il semble important de rappeler que des solutions aux prises de risque existent.

En effet, s’il faut toujours se protéger lors d’un rapport sexuel (pour sa santé comme pour celle de son ou sa partenaire), à moins d’être totalement sûr de son état sérologique et de celui de son ou sa partenaire, il peut arriver, parfois, de prendre des risques. Et dans ce cas-là, que faire ?

Sachez qu’en cas de prise de risque, il existe un médicament qui, s’il est pris dans les quelques heures après le rapport, permet de se prémunir contre le VIH. Ce médicament, souvent appelé « pilule du lendemain du SIDA », est en réalité le même médicament que prennent les personnes atteintes du VIH, mais à très haute dose, ce qui empêche le virus de se reproduire dans votre corps les premières heures qui suivent la potentielle infection.

Personnellement, j’ai eu recours à ce médicament une fois dans ma vie, il y a quelques mois, et je vais vous raconter comment cela se passe :

J’ai donc eu une relation à risque un soir, vers 23h, à Paris. Sur le chemin pour rentrer chez moi, j’ai commencé à avoir peur, le fameux « Et si … ». En effet, je connais assez bien les risques d’infections et je sais que si on attrape le VIH, c’est pour la vie (qui par ailleurs, malgré les progrès de la médecine, se voit pas mal écourtée). À un moment, le stress est trop fort et je craque, il faut que je prenne cette « pilule du lendemain ». Je sais que ce médicament existe, mais je ne sais pas ce que c’est, comment me le procurer, ce qu’il va se passer, etc. À côté de la gare de Lyon se trouve l’hôpital Saint-André, et après de grosses hésitations, je me décide à entrer aux urgences. La salle est bondée, normal on est vendredi soir et plein de gens attendent pour divers problèmes allant de l’alcoolémie à la jambe cassée.

Vient mon tour de me présenter au guichet d’enregistrement. Je me sens mal à l’aise, j’explique à demi-voix que je viens pour une « prise de risque », l’homme au guichet comprend immédiatement, et sans laisser paraître aucune expression, me demande ma carte d’identité et ma carte vitale. L’enregistrement se déroule rapidement et je vais m’asseoir en salle d’attente.

Une demi-heure plus tard, je suis appelé par une infirmière qui me prend ma tension, me demande à combien de temps remonte la prise de risque (entre 2 et 3h), me demande si j’ai des allergies, etc. Cette femme est gentille et bienveillante et je me sens rassuré. Je suis ensuite renvoyé en salle d’attente pour au moins une bonne heure. Je suis à nouveau appelé, cette fois par un médecin. Dans la salle de consultation, celui-ci est plus sec, plus cassant. Il me demande des détails sur ce que j’ai fait. Cette consultation est assez désagréable, mais rétrospectivement je me dis que ce doit être un rôle adopté par le médecin Stribild pour faire comprendre aux patients à quel point il est con de se mettre en danger ainsi. À la fin de la consultation, le médecin me délivre une ordonnance et je suis envoyé vers la pharmacie de l’hôpital.

La pharmacienne me délivre un sachet avec 5 grosses pilules, et m’explique qu’il faut en prendre une par jour, à heure régulière, puis me fait prendre la première devant elle. Ensuite, elle me donne une feuille d’information sur les risques de contamination en fonction du type de prise de risque. Sur cette feuille figure le numéro du centre sérologique de l’hôpital Saint André. Elle me dit d’appeler ce numéro dès le lundi pour prendre un rendez-vous avec un médecin pour évaluer la tolérance au traitement, le niveau de prise de risque, et la possible prolongation du traitement. Je lui demande de me donner plutôt le numéro du centre sérologique de l’hôpital Sud-Francilien (situé à cheval entre Évry et Corbeil). Elle m’explique ensuite que ce traitement sera un mauvais moment à passer, puis je quitte l’hôpital.Stribild

Il est 3h35 quand je monte enfin dans le Noctilien N144 à direction du campus. Je me sens mal, je me sens con, je suis épuisé et je rentre chez moi.

Le lendemain, je me réveille avec un léger mal de ventre et des courbatures dans les jambes, et je me dis que ce n’est pas un médicament si terrible que ça. Cependant au fur et à mesure que les jours passent mon état se dégrade pour ressembler à une vraie gastro qui me tiendra au total deux semaines, mais c’est le prix à payer pour rester sain. Le lundi j’appelle l’hôpital Sud-Francilien, ils me disent que les consultations en sérologie se font le matin, sans rendez-vous. J’y vais donc le mercredi matin, puisque j’ai absorbé ma dernière pilule la veille au soir. Après deux heures d’attentes, je vois un médecin compréhensif à qui je raconte ce qu’il s’est passé. Il estime que les risques sont faibles et que cinq jours de traitement ont suffi à me garantir d’aller bien. Il me prescrit tout de même deux tests sérologiques, un immédiat et un deux mois plus tard. J’obtiens les résultats du premier test deux jours après, il est bon, mais ça je le savais déjà

 

La morale de cette histoire est qu’en cas de prise de risque, n’hésitez pas à aller aux urgences, votre santé vaut le coup de prendre sur soi et faire cette démarche, certes peu agréable mais réellement sécurisante.

Faites l’amour, faites le bien 

Articles récents

Eurkainis Écrit par :

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *