Avoir la tête de l’emploi

On dit souvent à certaines personnes qu’elles ont la tête de l’emploi, espèce de déterminisme social qui précise que les ingénieurs ont des têtes d’ingénieurs, les médecins des têtes de médecins et les politiciens des têtes de politiciens.

Au moment où je vous écris ces mots, nous sommes le jeudi 21 Avril 2016 et il est 1h22 du matin. Cela fait maintenant presque un an que je met à jour un wordpress fermé au public, toujours en maintenance, attandant ses derniers patchs correctifs persos avant de faire son coming-out. Bientôt un an, pour une association étudiante, cela signifie que je m’apprête à passer la main. Si vous lisez ces mots avant la fin du mois de mai, c’est que notre site, tout beau tout propre, est enfin sorti. Sinon, c’est que j’aurais dû travailler plus vite, et plus tôt sur le sujet afin que vous puissiez profiter de tout ce que nos membres ont à offrir.

Cependant, j’ai également envie, avant de passer le relai, de poser une pierre à l’édifice. Elle sera peut⁻être moche, mal taillée et difficile à encastrer, mais ce sera la mienne, et ça ça vaut toutes les montagnes du monde.

Le problème étant que je ne sais pas trop de quoi je vais vous parler, ou plutôt je ne sais pas trop ce que je vais écrire ici. Et comme je n’aime pas trop parler de moi, je vais vous parler un peu d’un événement que j’ai vu passer il y a peu sur Twitter, à travers le fil d’actualité du Tag Parfait.

 

Comme je l’ai dit plus haut, on dit souvent à certaines personnes qu’elles ont la tête de l’emploi. Mais la personne dont je vais vous parler, malheureusement, ne l’a plus.

Je vous préviens tout de suite, je vais vous parler de porno, j’ai pour cela ressorti un vieux graphe que nombre d’entre vous ont surement vu passer.

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Bon… J’avoue je vous ai un peu menti, on va pas parler de femmes (car ils s’agit là de femme) qui ont ou n’ont pas la tête d’être actrices dans les productions pornographiques. En réalité, ce qui va nous intéresser, ce sont leurs seins.

Car c’est bien de seins dont il est question dans ce débat, des seins en général, mais plus particulièrement de ceux de Dana DeArmond. Car il leur arrive une histoire bien facheuse. Ce qui se passe avec les seins de Dana DeArmond, c’est qu’ils sont normaux. Elle a les même seins que les autres. C’est à dire, les seins d’une femme ayant la trentaine. À 36 ans, elle se trouve à un tournant dans sa carrière. Elle se trouve au milieu, au milieu de deux des 20 tags les plus populaires sur les sites pornographique. Entre la teen et la MILF, entre 18 et 40 ans, elle est trop vielle pour être trop jeune et trop jeune pour être trop vieille. (Désolé de dire ainsi aux teens qu’elles sont trop jeunes et aux MILFs qu’elles sont trop vielles, c’est pas sympa mais la phrase sonnait trop bien)

Et en lisant tous les soucis de cette pauvre Dana, j’ai eu mal. J’ai eu mal en lisant qu’à 36 ans et de nombreux films à son actif ne pouvait pas trouver son public parce qu’elle a des seins trop gros pour satisfaire les fantasmes de personnes voulant se taper leur fille, et trop petits (en gros, ils sont pas tombants) pour satisfaire ceux des personnes voulant se taper leur mère. Après, je suis désolé de cracher ainsi sur le public, on a tous nos fantasmes, ça fait partie de nos liberté.
Mais qu’une personne soit obligée de scarifier son corps afin de continuer à travailler. En lisant ça, j’ai mal à ma société où les critères mainstream imposent aux acteurs la chirurgie. J’ai déjà du mal quand j’apprend parler de pompes et de chirurgie sur le pénis afin de faire « plus envie » aux personnes qui regardent (d’autant que ce genre de contenu formate notre rapport aux autres et à notre propre corps, parfois aboutissant à des situations extrêmes) mais ayant en plus tendance à sacraliser le corps féminin (la faute à mon éducation), je me dis que se faire charcuter juste pour avoir un peu plus de succès alors qu’on a déjà un corps enviable (et envié) par de nombreuses personnes, c’est triste.

J’utilise depuis tout à l’heure un vocabulaire assez cru pour parler de la chirurgie esthétique. Je ne dis pas que j’aime pas ça, elle est parfois nécessaire pour des raisons médicales ou psychologique. Mais, pour moi, un être humain est responsable de son propre corps et n’a de comptes à rendre à personne. Mal se sentir dans sa peau, ça arrive, et la chirurgie peut aider à résoudre ces problèmes. Mais faire de la chirurgie pour plaire aux autres, c’est quelque chose que, personellement, je n’approuve vraiment pas.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, je vous invite à en parler dans les commentaires, je m’efforcerais de vous lire et vous répondre au maximum (et si je ne suis plus là, j’espère que d’autres le feront à ma place). Je m’en vais reprendre le travail qui permettra à ce site de sortir de sa coquille. J’aurai passé la journée sur cet article (je vous rassure, je n’ai pas fait que ça) et ça fait plaisir de le terminer avant la fin de celle-ci.

Merci à vous qui êtes arrivé ici, et qui m’avez lu (ou pas), j’ose espérer que mon premier article ne sera pas le dernier.

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Spiddy Écrit par :

Un commentaire

  1. 20/10/2016
    Reply

    I feel so much happier now I untsnedard all this. Thanks!

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